La maison interdite

Cette histoire à gagner le 5ème prix du concours de la francophonie Georges CARTERON à Lyon. Le jury étant composé de professeur de l'université Lyon 2 et de membres du Rotary Club.





LA MAISON


INTERDITE




Par Raven Ghøst




Tout à commencé il y a un an jour pour jour. J’étais en vacances avec trois amis et on visitait les petits villages du nord de la France. On était arrivé dans un village non répertorié sur notre carte. Pourtant nous avions une carte très précise spécialement pour les petits villages. Même pas de panneau indiquant le nom du village à l'entrée... Rien !


C'était un magnifique village très lumineux avec une forêt autour.

Mais si nous avions su que tout n'était pas aussi bon que cela semblait l'être nous ne saurions pas restés...


Nous sommes restés deux jours dans le village à cause de la fatigue du voyage et parce que l'endroit était plaisant. C'est en allant au bar qu'un homme nous a parlé d'un manoir en haut de la colline au nord du village. Il nous a dit que quoique l'on fasse on ne devait jamais se rendre dans ce manoir, que c'était la « Maison Interdite ». Il en parlait avec crainte et semblait stressé rien que de penser à ce bâtiment.


Étant jeunes et curieux, nous avons décidé d'entrer dans le manoir la nuit suivante.

Nous n'avions pas spécialement de matériel à par un pied-de-biche et des lampes torches ainsi qu'une boîte d'allumettes.


Le lendemain, arrivé devant les portes du manoir, nous avons cherché un moyen d'entrer quand, après un mouvement brusque d'un de mes amis, la porte s'ouvrit en grinçant. Vu l'état de la bâtisse, ce n'était pas étonnant... du moins c'est ce que nous pensions...


Le manoir avait l'air abandonné depuis fort longtemps, comme pouvait en témoigner l'odeur âcre et la poussière abondante un peu partout.

Il ne restait que quelques meubles et tableaux dans l'immense hall.

Le manoir avait l'air beaucoup plus grand à l'intérieur qu'à l’extérieur.


Nous avons commencé à explorer le rez-de-chaussée. Il y avait trois portes : une à gauche, une à droite et une devant nous en parallèle de la porte principale.

Nous avons pris la première porte devant nous et nous sommes arrivés dans un long couloir rempli de tableaux avec une autre porte au fond. Après avoir traversé ce couloir tous serrés les uns contre les autres à cause des tableaux et des portraits morbides qui semblaient nous fixer, nous avons tenté d'ouvrir la porte du fond, mais seul un rire rauque se fit entendre et du sang coula de la serrure.


Nous sommes tous restés silencieux, les yeux grands ouverts et sans voix devant cette serrure sanglante. Le rire résonnait encore dans ma tête et résonne toujours au moment où j'écris ces lignes.


L'histoire aurait pu s'arrêter là. Nous aurions pu partir et essayer d'oublier cette aventure. Mais je vous ai dit que nous étions jeunes et curieux.


Nous sommes retournés sur nos pas pour sortir au plus vite de cette maison. Les tableaux accrochés au mur du couloir nous regardaient réellement et nous suivaient du regard. Une fois dans le hall nous ne pouvions plus ouvrir la porte principale... Elle semblait verrouillée.


C'est alors que nous avons entendu des bruits sourds provenant du couloir que nous venions de quitter... Cela ressemblait à des bruits de pas... Nous avons barricadé la porte menant au couloir avec le peu des meubles qu'il y avait sur place et les bruits de pas ont cessé immédiatement.


Nous avions dans l'idée de trouver une fenêtre et de la casser pour sortir. Nous avons choisi la porte de gauche pour essayer de trouver une fenêtre non murée, quand l'horreur arriva. A l'instant même où l'un de nos amis tourna la poignée de la porte un roulement suivi d'un cliquetis se fit entendre et il fut écrasé par la lourde porte de manoir. Son sang gicla sur nous et la porte recouvrit entièrement son corps...


Nous nous sommes précipités vers l'autre porte, celle de droite afin de fuir cet endroit au plus vite !

En l'ouvrant, nous sommes arrivés dans ce qui semblait être une salle à manger. Toutes les fenêtres de la salle étaient condamnées. De grands chandeliers et un lustre à bougies étaient disposés dans la salle. Les bougies se sont allumées d'un coup en même temps que la porte s'est refermée. A la place de la cire qui aurait dû couler des bougies, il y avait du sang... un sang tellement sombre qu'il en était pratiquement noir. Nous devions partir au plus vite de cette salle avant qu'un autre meurtre ait lieu. Nous avons traversé rapidement la salle jusqu'à une autre porte mais elle refusait de s'ouvrir.


Les bruits de pas du couloir recommencèrent, de plus en plus fort... ça se rapprochait ! J'ai attrapé le pied-de-biche de mon sac pour forcer la porte mais j'eus à peine le temps de mettre l'un des deux bouts de l'outil entre la porte et le mur que j'entendis l'un de mes deux amis hurler derrière moi. Il volait dans la salle lentement à environ un mètre du sol... Une fois arrivé en haut du plafond à environ 12 mètres de haut, il est tombé brutalement et s'est empalé sur le lustre. Ses vêtements prirent feu et son corps commença à brûler alors qu'il était toujours vivant. Une forte odeur nauséabonde s'est répandue dans la pièce. J'ai forcé la porte et nous sommes partis de cette salle, ne pouvant rien faire pour lui.


La salle où nous sommes arrivés semblait être une ancienne chambre encore pas mal meublée. Nous n'étions plus que deux et commencions à perdre la raison.


Il y avait une grosse armoire ancienne avec un miroir sur la porte. Nous nous sommes approchés pour je ne sais quelle raison et ce que nous y avons vu me hante toujours aujourd'hui...


Pendant quelques secondes le miroir était devenu flou avant de nous montrer une succession d'images violentes : des enfants éventrés, les boyaux à l'air, des gens décapités et une tête qui souriait en montrant ses dents qui revenaient plusieurs fois.


Nous avons couru en direction de l'unique porte de la pièce. Après être sorti de cet enfer imagé nous étions à présent dans une immense salle qui semblait encore en construction. Des planches, des briques et des outils traînaient un peu partout. J'ai senti un courant d'air glacial et lorsque j'ai tourné la tête j'ai vu une fenêtre à moitié obstruée. Lorsque j'ai baissé les yeux j'ai vu trois ou quatre cadavres, des outils à la main... Il était urgent sortir !


Nous étions en train de nous diriger vers la fenêtre quand mon ami « s'amusa » à prendre la même position que le Christ sur deux planches disposées en croix.

Je ne sais pas si c'était la peur qui nous faisait délirer ou si nous devenions fous.


Nous étions en train de rigoler de ses conneries jusqu'à ce qu'il se fasse clouer les mains et les pieds sur la croix, par une force invisible. Le pistolet à clous qui avait tiré sur mon ami tenait tout seul en lévitation ! J'étais incapable de bouger, pourtant je voulais l'aider... Ce qui suivit fut encore plus horrible : le pistolet à clous vida son chargeur sur son torse. Une centaine de clous le traversèrent, son sang formait une flaque sous ses pieds. Le pistolet à clous avait déjà rechargé alors que je venais tout juste de réaliser ce qui venait de se passer. Mon ami eut seulement le temps de demander mon aide en agonisant, avant de se prendre une autre centaine de clous en plein visage.


J'ai ramassé une masse par terre et je me suis précipité vers la fenêtre... J'ai tapé contre cette fenêtre à moitié murée de toutes mes forces et de toute ma rage d'être venu dans cet endroit maudit !


La moitié de mur finit par céder et j'ai fui cette bâtisse de l'Enfer pour toujours... ou presque...


Cela fait maintenant 1 heure que j'ai pris tous les médicaments de ma pharmacie...


Je ne veut plus souffrir...

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Commentaires : 1
  • #1

    Lame37 (lundi, 21 août 2017 13:05)

    Mélancolique et glaçant. un peu particulier, mais facile à lire. Je ne suis pas trop ambiance morbide, mais j'ai tenu bon. Ce texte m'a estomaqué.


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